Le Puy à l’origine de la Croisade Eucharistique

 

Croisade Eucharistique

1 – Le Puy à l’origine de la croisade

Au Concile de Clermont, en 1095, devant 13 archevêques, 225 évêques et de nombreux abbés, le Papconcile de clermonte Urbain II enjoignait ses auditeurs à favoriser la paix et à mettre fin aux guerres privées entre seigneurs. Là, il proclamait solennellement la trêve de Dieu ou paix de Dieu se faisant l’écho du premier plaid (assemblée de Justice) qui avait eu lieu dans la plaine voisine du Puy à Saint Germain la Prade en 975, sous l’épiscopat de Guy d’Anjou alors évêque du Puy.

À cette époque, la déliquescence de la société avait amené les chrétiens à réagir. Ils avaient constaté la coïncidence, le 25 mars, de l’Annonciation et de la Passion pour les années 970, 981 et 992 et ils vinrent nombreux au sanctuaire du Puy, pour implorer l’aide et le pardon de Notre Dame. En 1065 cette coïncidence se renouvelant encore, le pape Jean XV instituait le Jubilé solennel du 25 mars au Puy.

 Mais revenons au Concile de Clermont : là, Urbain II, reprenant les prescriptions du Concile de Saint Paulien  (995) qui avait inscrit les modalités juridiques pour la Trêve de Dieu, concluait, le 27 novembre 1095 par un solennel appel à la Croisade. Son zèle ardent exhortait les guerriers non à se battre dans des querelles intestines mais à partir secourir les chrétiens d’Orient menacés par les Turcs et les Arabes musulmans. Urbain II fixa le départ de la Croisade au 15 août 1096. Il en confia la directiLa croisadeon spirituelle à  Adhémar de Monteil alors évêque du Puy. Et, la tradition nous dit que c’est à cette occasion que retentit pour la première fois, dans la cathédrale du Puy, l’hymne composée par l’évêque lui-même : le Salve Regina. Le commandement militaire de cette première Croisade revint à Raymond IV de Toulouse, auquel se joignirent Godefroy de Bouillon et Bohémond. Mais Adhémar de Monteil fut l’autorité incontestée de la Croisade. Habile diplomate, il en profita pour assurer la difficile cohésion des barons, les encourageant à élever leurs aspirations vers un combat plus noble. Il mourut lors d’une épidémie, pendant le siège d’Antioche. Parallèlement à cet appel à la Croisade, lancé au cri de ‘Dieu le veut !’ Urbain II, encourageait aussi à
la Reconquista ou reconquête de l’Espagne occupée par les Maures.

2 –  De la croisade à l’apostolat

Cet appel solennel à la Croisade marqua tout spécialement l’évêché du Puy d’un fort esprit missionnaire. Au fil des siècles,
ils sont plusieurs milliers à avoir quitté leurs montagnes Vellaves pour témoigner de l’amour du Christ dans le monde entier. Donnons quelques exemples :

Saint Noël ChaNoèl Chabanelbanel, né le 2 février 1613 à Saugues, reçut les douces grâces de Notre Dame du Puy. Il fut missionnaire Jésuite au Canada et mourut martyr le 8 décembre 1649.

Saint François Régis avait lui aussi fait sa demande pour être missionnaire au Canada, mais ses supérieurs lui répondirent : ‘le Vivarais sera votre Canada’. Il partit donc à la reconquête des âmes protestantes et devint l’apôtre du Velay.

Il est intéressant de noter que 180 enfants du Velay ont consacré leur vie à l’apostolat dans la Société des Missions Étrangères. En 1789, l’abbé Gire fut le premier à partir avec les Missions Étrangères. Au long des siècles, sept enfants du Puy devinrent évêques. (Canton, Hué, Botra, Gézara, Osaka…) La vie de ces missionnaires est édifiante de zèle et de sainteté. Ils pourraient mériter le titre de martyrs et l’honneur de la béatification… Citons :

– Le Père Henri Chanès, de Coubon-sur-Loire, missionnaire du Kouangtong en 1890, fut massacré par les païens le 14 octobre 1898.

– Le P. Jean-François Régis Souvignet, de Monistrol-sur-Loire, ordonné prêtre en 1882, fut envoyé en Mandchourie. Lors de la révolte des Boxeurs, apprenant que ses chrétiens étaient menacés, il partit pour leur porter secours et le 30 juillet 1900, il fut massacré. Après sa mort, un soldat lui ouvrit la poitrine, en arracha le cœur et mit à la place le bréviaire que le missionnaire avait caché sous sa soutane.

– Le P. Auguste Boursolles, de Tence, n’avait passé que quatre mois au Laos lorsque la mobilisation le rappela en Europe. Affecté comme sergent au 22e Colonial, il fut tué, le 8 novembre 1915, par un éclat d’obus qui lui laboura le crâne. Il ne mourait pas dans sa mission, mais il avait offert sa vie pour elle et pour la France.

– Le Père Joseph Davenas, de Pont-Salomon, était missionnaire à Tatsinlu (Tibet) en 1909. Lorsque éclate la Révolution (1911) les lamas et leurs partisans se saisissent de lui et, durant plusieurs jours, l’insultent et le torturent de mille manières ; attaché à un poteau, il entend les cris affreux des victimes que l’on écorche vivantes et il attend son tour de subir le même sort. Heureusement il est délivré par des soldats chinois ; mais sa smartyresanté ne se relèvera pas des souffrances qu’il a endurées et, bien que soigné avec dévouement à Tatsienlu même, il meurt le 30 avril 1924, à 39 ans.

De l’évêché du Puy, on peut nommer d’autres missionnaires : Mgr Moury, (1873-1935) qui fut le premier évêque de Côte d’Ivoire ou le Père Aubazac de Saugues (1971-1919) qui fut l’auteur d’un dictionnaire franco-chinois ou encore le Père Pagès du Monastier (1883-1951) qui fut le premier historien du Rwanda. En 1912, on comptait 231 missionnaires originaires du Puy, en 1943 il y en avait 338…

Mais, Notre Dame du Puy, n’allait pas en rester là !… De l’appel à la Croisade à l’apostolat vers les pays lointains,  la Vierge antique allait aussi guider les âmes vers une Croisade ‘à portée de main’ une ‘Croisade d’Apostolat pour tous’ et spécialement pour les petits.

 

3 De l’Apostolat des missions à l’apostolat par la prière

En 1844, au collège des Jésuites du Puy, le Père François-Xavier Gautrelet encourage les séminaristes impatients à partir en mission, à être déjà des missionnaires dans leurs études, par la prière et l’offrande quotidienne de leur vie, en union avec Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Le 3 décembre 1844, en la fête de saint François Xavier,  il prononce l’exhortation célèbre d’où nait ‘l’Apostolat de la Prière’ (AP).

En 1865, Pie IX lance un appel à l’aide aux catholiques. Le Père Cros entérine l’idée du Père Gautrelet et explique aux jeunes qu’ils peuvent être des zouaves du Pape à leur manière, par leurs prières, leurs heures de silence, leurs sacrifices et leurs communions. En 1870 il fonde la ‘Milice du Pape’ en écho aux zouaves pontificaux venus défendre Pie IX et son domaine temporel lors de la constitution politique de l’Italie. Il organise dans le Sud-Ouest de la France cette ‘Milice du pape’, destinée à promouvoir chez les enfants le sens de l’Eucharistie et de l’offrande afin de soutenir spirituellement le pape.

C’est ensuite le Père Henri Ramière, qui va reprendre l’œuvre de ‘l’Apostolat de la prière’ fondée par le père Gautrelet.

Après avoir H Ramièrefait ses études aux collèges Jésuites à Pasaia (Espagne) et à Fribourg (Suisse), Henri Ramière entre au noviciat de la Compagnie de Jésus au Puy en Velay où il est ordonné prêtre le 10 janvier 1847. Il est d’abord nommé en Angleterre où il enseigne la philosophie, mais ses supérieurs le rappellent en France pour lui confier, en 1853, la direction des hautes études au séminaire Jésuite du Puy. Il y restera jusqu’en 1864. Durant cette période, il réorganise ‘l’Apostolat de la prière’.  Sa dévotion profonde le pousse à fonder, en 1861, ‘Le Messager du Cœur de Jésus’, publication mensuelle dont il restera le directeur très actif jusqu’aux derniers moments de sa vie. L’Œuvre de ‘l’Apostolat de la prière’ s’installe ensuite à Toulouse.

Le Père Ramière, demande à Pie IX d’accorder sa bénédiction à cette milice. Dans la lettre qui accompagne sa demande, il explique : que ce mouvement est adapté aux jeunes chrétiens pour défendre la cause du Saint-Siège, et qu’il attire la paix par ses armes propres qui sont la communion fréquente et les heures offertes à cette intention. À ce moment, ‘l’Apostolat par la Prière’ compte déjà 100 000 membres partout dans le monde et là où elle est présente, la participation à la vie sacramentelle s’accroît. En vingt-cinq ans, on dénombrera treize millions d’Associés.

La revue le Messager

En 1869, Le Père Ramière est invité à participer au concile Vatican I. Il y concourt comme théologien et conseiller ecclésiastique de Mgr Joseph Gignoux, évêque de Beauvais, et à titre de procureur du cardinal Alexis Billiet. Il rédige à Rome le ‘Bulletin du concile’.

 De 1870 à 1873 lors de l’invasion Prussienne, la publication duMessager du Cœur de Jésus’ joue un rôle considérable dans l’Œuvre du Vœu national prélude à la construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

En 1875, le Père Ramière rentre au Puy comme directeur des hautes études catholiques. Mais, en 1877, la fondation de l’Institut catholique le rappelle à Toulouse. Sa santé faiblissant, il se retire dans la maison du ‘Messager du Cœur de Jésus’. En 1881, a lieu le 1er Congrès international de Lille où l’on met en évidence que “L’Apostolat par la Prière est une Croisade Eucharistique permanente”.

En 1883, le Père Ramière entreprend une campagne en faveur de la communion mensuelle afin que les jeunes qui fréquentent les écoles primaires publiques et libres puissent profiter des sacrements.

Le Père Ramière meurt d’une congestion, le 3 janvier 1884 à Toulouse, au siège, alors qu’il s’apprêtait à célébrer la messe. Le pape Léon XIII lui nomme un successeur par décision  du 20 janvier 1884. Émile Régnault prend la direction dupetit messager ‘Messager du Cœur de Jésus’ et du ‘Petit Messager du Cœur de Marie’, les deux revues mensuelles servant d’organes officiels à l’Œuvre de ‘l’Apostolat par la Prière’

 De 1911 à 1914, le jésuite Albert Bessières fonde des ‘ligues eucharistiques’ dans plusieurs diocèses de France pour assurer la mise en application des décrets eucharistiques du pape Pie X de 1905 et de 1910 sur la communion eucharistique fréquente et sur la communion eucharistique précoce, à partir de l’âge de raison.

À la demande de l’évêque de Vannes, le P. Bessières vient dans ce diocèse en mai 1914 pour y fonder des ligues eucharistiques. Il prêche ainsi à Lorient, Vannes et Auray. Aux personnes présentes, il distribue un règlement. Madame Martin de Kergurione, assiste à toutes les réunions d’Auray et de Vannes. Lors de la déclaration de guerre en 1914, elle publie un feuillet de quatre pages s’intitulant ‘Appel aux enfants’, destiné à soutenir l’élan patriotique par la prière des enfants :

« Vous êtes trop jeunes encore pour lui donner votre sang ; mais vous pouvez la défendre autrement. Les armes les plus puissantes pour obtenir la victoire, vous les avez entre les mains : prière, sainte Messe, Communion, petits sacrifices et actes de vertu, voilà les armes avec lesquelles vous allez lutter avec courage pendant cette guerre si meurtrière. « Aux armes donc, petits soldats du Christ ! »

Parallèlement une autre initiative est lancée à Bordeaux, par une religieuse appartenant à la congrégation de Sainte-Clotilde dont les membres, étaient appelés ‘dames de Sainte-Clotilde’ en raison des lois françaises de l’époque contre les congrégations religieuses. Quand éclate la Première Guerre mondiale, Sœur Marie de la Présentation enseigne en classe de Quatrième au cours Saint-Seurin, à Bordeaux, à 19 filles âgées de 13 à 14 ans. En décembre 1914, elles écrivent au général Pau qui avait mené, en août, une offensive victorieuse en Alsace avec la prise de Mulhouse. Elles l’assurent de leur soutien et lui promettent prières et communions eucharistiques pour la victoire. Celui-ci leur répond et les remercie.

Puis en 1915, elles correspondent avec le Père Jean Romain Saubatte. Grâce aux « sous » de leurs sacrifices,Vie dans les tranchés Guerre de 14 18 elles lui adressent des colis de
cigarettes pour l’aider dans son apostolat auprès des soldats, alors qu’il est brancardier au front. Cette initiative prend le surnom d’ ‘Apostolat de la cigarette’.

Cependant, lors de l’offensive alliée en Artois en mai-juin 1915, le Père Saubatte meurt pour la France le 23 juin sur le champ de bataille de Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais. Afin de pourvoir à son remplacement, les dames de Sainte-Clotilde consultent le jésuite Jean Mallat pour le choix d’un père mobilisé de la Compagnie de Jésus. Il évoque le nom d’Albert Bessières. Ce dernier est alors affecté comme brancardier dans un train sanitaire dans les Vosges. Durant la première quinzaine de novembre 1915, il bénéficie d’une permission et il se rend à Bordeaux. Les religieuses acceptent de le rencontrer, d’autant plus qu’elles le considèrent comme un apôtre de l’Eucharistie en raison de ses nombreuses fondations de ligues eucharistiques de 1911 à 1914.

banière de la croisade Lors de son passage au cours Saint-Seurin le samedi 13 novembre 1915, le P. A. Bessières rencontre les 28 filles de 14-15 ans d’une classe de Troisième. Aux murs de leur local, il découvre des drapeaux, une statue de la Vierge, une image du Sacré-Cœur et, au-dessous, un tableau où chaque élève inscrit, au jour

le jour, ce qu’elle offre pour le salut de la France et qui constitue leur petit trésor : communions eucharistiques, prières, sacrifices, heures de travail ou de silence… La vue de ce tableau aux munitions surnaturelles conduit le P. A. Bessières à les inviter à persévérer dans leur démarche par la prière, appuyée par la communion eucharistique, et à développer leur action naissante. Il leur propose alors d’organiser la Croisade des enfants qui serait une « Croisade de communions, de prières, de sacrifices pour le salut de la patrie, sa restauration chrétienne »

Après cette visite, une correspondance active s’organise entre les enfants et le jésuite dès décembre 1915. Au cours des premiers mois de 1916, celui-ci publie et développe ces lettres dans la revue ‘Le Messager du Cœur de Jésus’, pour lancer l’idée de la Croisade. En raison de l’anonymat le plus complet demandé par les dames de Sainte-Clotilde, la version publiée de ces échanges épistolaires commence par « Cher Gabriel » et évoque une école « Saint-Louis » au lieu du cours Saint-Seurin.

Revenu en cet établissement à la fin de l’hiver 1916, le P. A. Bessières demande aux élèves, en raison de son manque de temps, de répondre à sa place aux courriers reçus et de tenir un registre des inscriptions.

Avecinsigne de la croisade
l’aide du jésuite Jean Mallat, les religieuses de Sainte-Clotilde rédigent un règlement que le Père Bessières révise.
Les articles deux et trois stipulent :  Art. 2. – Comme toute armée, celle de la Prière comprend des soldats et des chefs. Sont admis :

— 1. Comme soldat, les enfants qui s’engagent à offrir quotidiennement leur journée au Sacré-Cœur, à toutes ses intentions, et particulièrement pour le salut de la France, pour la paix « de la justice et du droit ».
— 2. Les caporaux s’engagent, en plus, à la communion hebdomadaire ou tout au moins mensuelle.
— 3. Les sergents à la communion fréquente (trois ou quatre fois par semaine).
— 4. Les officiers à la communion (autant que possible) quotidienne.

Pour tous, Offrande obligatoire de la journée au Sacré-Cœur, prières et sacrifices, selon la mesure de grâce et de courage.

Saint SacrementArt. 3. – Le tout, pour la victoire, l’avenir chrétien de la France, le salut des combattants, mais plus
spécialement pour le triomphe de nos armées dans le Secteur que chaque « Croisé » se sera choisi, sur notre front ou le front des Alliés, et dont il aura assumé la responsabilité. (extraits de ‘la Croisade des enfants’ feuillet, Bordeaux, 20 avril 1916).

 

Le 20 avril 1916 qui est un Jeudi Saint, ce texte reçoit l’imprimatur de l’abbé Giraudin, vicaire général à Bordeaux. Par un « Appel » daté du même jour et publié le 27 avril 1916 dans L’Aquitaine  le cardinal Andrieu, archevêque de Bordeaux, approuve et recommande fortement la ‘Croisade des enfants’ :   « MM. les Curés sont priés de lire en chaire le présent Appel, et de travailler à le faire pénétrer jus
que dans les milieux soi-disant laïques. Qui oserait se dire laïque, quand la Patrie nous demande une prière qui lui est indispensable pour obtenir du Dieu fort et puissant dans les batailles la récompense de son héroïsme, c’est-à-dire la victoire ! »

    Le règlement de la ‘Croisade des enfants’ indique aussi que l’inscription est obligatoire auprès du secrétariat de la Croisade fondé le 25 mars 1916,  dont le siège se situe au monastère de la Visitation à Bordeaux.

Afin de dLe Père Popeévelopper l’esprit de la Croisade le Père Bessière va aussi poursuivre l’œuvre de deux prêtres belges : celle du Père Lintelo qui, de 1911 à 1914, publiait la revue bimestrielle intitulée L’Action eucharistique dans le but de propager les décrets eucharistiques du Pape Pie X ; et celle du Père Pope (1890-1924) dont la ‘Méthode Eucharistique’, très concrète, (carte de conduite, billet de la semaine, revue hebdomadaire, l’action du noyau, le cadran du sacrifice, les réunions pédagogiques) visait à un vrai travail intérieur de l’âme, sous l’influence du Saint Sacrifice.

Saint Pie X

En janvier 1917 paraît le premier numéro de la revue Hostia, avec comme sous-titre Revue d’action et d’éducation eucharistiqueHostia est à la fois destinée à la formation des responsables de la Croisade Eucharistique naissante et aux personnes désireuses d’approfondir le sens de l’Eucharistie.

Le ‘Petit bulletin de la Croisade des Enfants’ né en 1914 sous l’impulsion de Mme de Kergurione devient la revue des enfants inscrits auprès du secrétariat de la Croisade des enfants au couvent de la Visitation de Bordeaux.

À partir de 1919, le mouvement prend le nom de Croisade Eucharistique des enfants’ puis devient, en 1922, la ‘Croisade Eucharistique’. Cette année-là, elle invite ses membres à appliquer la devise « prie, communie, lutte et conquiers »

En 1livre de la Croisade 2925, cela devient « Prie, Communie, Sacrifie-toi, Sois-apôtre ». En 1927, le congrès eucharistique de Lyon décide de l’uniforme du croisé : tuMembres de la Croisadeniques de croisé avec la croix et les bords crénelés.

Le soutien aux poilus n’est plus d’actualité mais le fond est inchangé : don de soi, mortification personnelle et incitation à une plus grande ferveur spirituelle qui repose sur l’Eucharistie.

En 1960, pour marquer le cinquantenaire des décrets de Saint Pie X, 3500 délégués de la Croisade Eucharistique de France se rendent en pèlerinage à Rome. Le Pape Jean XXIII donne sa bénédiction “aux Cadettes, Messagères et Chevaliers du Christ qui représentent le Mouvement eucharistique français…”.

« Les mentalités et l’Église évoluant, il est devenu temps, en 1962, de changer de Livre de la croisade 3nom, de dire la même réalité mais avec d’autres mots… Et c’est le pape Jean XXIII lui-même qui, en recevant une délégation mondiale de la Croisade Eucharistique en 1962, s’est adressé à eux en utilisant régulièrement l’expression “mouvement eucharistique”… Ainsi était inauguré le “Mouvement Eucharistique des Jeunes. » Extraits du MEJCette nouvelle dénomination : MEJ est approuvée en 1962 par l’assemblée des cardinaux et archevêques de France.

4 L’Apostolat par la prière aujourd’hui

Dans les années 80, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X reconstitue la Croisade Eucharistique des Enfants :

« Le nom de Croisade Eucharistique est donné à cette œuvre de piété et d’apostolat pour souligner qu’elle doit se caractériser par son esprit deBadge de la Fraternité combat contre le règne des puissances du mal, combat sous l’étendard de la Croix, alimenté à la grande source des forces surnaturelles : l’Eucharistie. À la base de la Croisade des Enfants se place l’offrande des bonnes actions de la journée que le Croisé fait chaque matin pour une grande intention de l’Église, et ceci, en union avec l’offertoire de la Messe. Le sens de cette offrande est donné par la devise de la Croisade Eucharistique des Enfants : “PRIE, COMMUNIE, SACRIFIE-TOI, SOIS-APÔTRE. » Statuts de la Croisade (fsspx)

« La Croisade Eucharistique est une mobilisation spirituelle des enfants en vue d’obtenir, par leurs prières et leurs sacrifices, des grâces qui répondront, en ces temps troublés, aux besoins de la Sainte Église. » statuts fsspx pour la croisade Eucharistique des enfants.

QuelqueBadges statistiques : en 1987, on comptait dans le Trésor du district de France (fsspx) 429 messes, 497 communions spirituelles, 3303 sacrifices et 4559 dizaines de chapelet. En 2013, la Croisade élargie à 10 pays, comptait un trésor de : 10738 messes, 23183 communions spirituelles, 56166 sacrifices et 124595 dizaines de chapelet.

Quelle magnifique mobilisation spirituelle des enfants ! Quelle généreuse réponse aux besoins de la Sainte Église et des âmes !

 

À l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de la Croisade Eucharistique, souhaitons que de nombreuses délégations de Croisés puissent venir au Puy prier dans le sanctuaire d’où partit la 1ère Croisade. Souhaitons encore qu’ils puissent venir nombreux implorer Notre-Dame du Puy en ce lieu qu’elle choisit pour lancer le premier Mouvement Apostolique par la prière.

Ne nous étonnons pas de découvrir que le Puy fut à l’origine des Croisades médiévales et Apostoliques. Cela peut s’expliquer d’une part : par la dévotion à la Vierge Marie Médiatrice et Mère honorée au sanctuaire du Puy, et d’autre part, par les dévotions jubilaires qui désignent les mystères de notre foi (Annonciation et Passion réunies le 25 mars) et dont la contemplation s’épanouit en une charité vivante.

Comme aux siècles passés, la contemplation des mystères désignés en ces Jubilés, éclaire et fortifie la foi, l’amenant à une profonde charité apostolique. Ces grâces spéciales du Puy peuvent encore agir aujourd’hui !…

Le Jubilé 2016 est certainement une grâce pour notre époque, une sorte d’antidote à la confusion générale.

Mgr Lefebvre disait : « Les blessures profondes (du péché originel), ne peuvent se guérir que par le sacrifice et le renoncement. Le retour à l’ordre nécessite le sacrifice. C’est pourquoi Notre Seigneur a vaincu le démon, détruit le péché et rétabli l’ordre par la Croix. Pour mener le bon combat, ayons l’esprit de sacrifice, je dirai volontiers l’esprit de Croisade. Le croisé est un homme sacrifié. Celui qui est au combat abandonne les impedimenta, tout ce qui peut le gêner pour son combat. Souvenez-vous du combat de David et de Goliath. On avait essayé de mettre sur le dos de David une armure pesante, mais David a dit : « avec cette armure, je ne puis rien faire. Enlevez-moi donc cette armure. Je prends ma fronde et je vais au combat. Avec la grâce de Dieu j’aurai la victoire. Eh bien ce sont là aussi les dispositions que nous devons avoir dans cette Croisade effrayante.

Jamais Croisade au cours de l’histoire n’a été comme celle d’aujourd’hui. Tout se ligue contre la foi, tout se ligue contre l’Église : ennemis de l’extérieur, ennemis de l’intérieur. Partout nous avons à faire à des combats comme jamais il n’y en a eu.’

Le Père Garrigou-Lagrange disait ceci : « Lorsque le mal à combattre est particulièrement profond, lorsqu’il est vraiment satanique, il faut pour le réparer une action spirituelle non moins profonde, sous la direction immédiate de Marie. (…) Il doit y avoir dans toute âme fervente de l’Église militante, une disposition de l’âme à la vie contemplative et à cette sainte lutte. Cette disposition consiste dans l’offrande de soi-même, renouvelée tous les jours à la Sainte Messe… » (textes extraits de la Vie Spirituelle, abbé Troadec p. 78).

En ce début d’année 2015, souhaitons que Notre-Dame du Puy enflamme les cœurs du zèle de la Croisade ; souhaitons que les grâces Jubilaires éclairent, réchauffent et fortifient les âmes pour le rayonnement de la foi catholique. C’est l’espérance du Jubilé du Puy, la grâce désignée par
la providence pour notre époque.P1060382

Alors… sous la bannière de la Croisade : (Prie, Communie, Sacrifie-toi, Sois-apôtre) que nos âmes soient dignes du nom de Croisé, pour l’honneur de la Très Sainte Trinité….!

 

Article du Pélican n° 86
Prieuré Saint François Régis
Janvier 2015