Qu’est ce que le saint Esclavage ?

Saint Dominique

1- Esclavage !… bah ! c’est un mot qui résonne bien mal à nos oreilles modernes tout empreintes de liberté et d’indépendance. L’esclavage a été aboli ! On vit une époque de liberté ! clame-t-on. Et pourtant, n’a-t-on jamais vu autant d’esclaves ?

 

esclave de l'alcoolcendrieresclave de l'argent
esclave prostitutionesclave aux médiasesclave aus drogues

Addictions au tabac, à l’alcool, aux drogues, aux jeux vidéo, aux films, à internet, à la pornographie… esclaves divers, épris de leur confort, de leur égoïsme, de leur orgueil, jusqu’au mépris d’eux-mêmes et de l’autre : divorces, avortements, euthanasie, fécondations artificielles, unions libres, suicide… Plus que jamais les deux cités s’opposent, celle du démon ou celle de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Pour ceux qui hésitent encorejoietritesse, une suggestion : comparer les fruits produits par l’esclavage
au 
démon (paresse, envie, luxure, discorde…) et les fruits produits par le saint esclavage à Jésus (paix, joie, concorde, force…). Oui, à vue de nez , les fruits sont meilleurs ici, mais de là à être esclave !

Regardons l’exemple de Marie au moment de l’Annonciation. Elle répond “Fiat” au plan de Dieu, et ajoute : ‘Je suis la servante du Seigneur’. Et quel fut le fruit de cet esclavage ? Il n’a été autre que Jésus lui-même, vrai Dieu et vrai homme, plénitude de grâces et de bénédictions. Alors cela ne vaudrait-il pas le coup de vouloir consciemment être l’esclave du Seigneur ? ‘Consciemment’ car, esclave de Jésus, en fait, nous le sommes déjà… eh oui !

En effet Jésus nous à rachetés au prix de son sang. Nous sommes sa conquête, nous sommes ses membres, nous lui appartenons et nous devons le glorifier, le servir et l’aimer. Avant notre baptême nous étions esclaves de Satan. À notre baptême, nous avoBaptèmens promis par la bouche de notre parrain, d’appartenir à Jésus et de renoncer à Satan, à ses œuvres et à ses séductions. Dans ce sacrement Jésus a lavé notre âme du péché et y a gravé pour l’éternité le signe de l’appartenance à Jésus Christ.

‘On ne peut servipierre des fièvres1r deux maîtres’ ‘Qui n’est pas avec moi est contre moi’ dit l’Évangile. Conscients de ces réalités et désirant plaire à Dieu, peut-être avons-nous renouvelé de tout notre coeur les promesses de notre baptême, à la Veillée Pascale, ou lors d’une retraite ; mais, qu’il est bien difficile de tenir ces promesses !

Dieu connaît notre mauvaise nature, il connaît notre faiblesse aussi en bon guide il nous montre le chemin : A l’Annonciation, ne s’est-il pas fait esclave lui-même, attendant le Fiat de Marie pour s’Incarner, restant 9 mois renfermé en son sein, et trente années sous la gouverne de ses bons soins ? Il aurait pu venir sur terre, homme indépendant, non, il a voulu se donner à nous par Marie pour que nous aussi nous nous donnions à Lui par Elle. Esclave de Jésus par Marie tel est bien le plan que Dieu nous propose.

2- Par Marie, voilà la voie que Dieu a choisie pour venir à nous, voilà le chemin qu’il nous désigne pour venir à lui. Ce chemin est donc parfait puisque Dieu lui-même l’a emprunté. C’est un chemin court et aisé puisque Marie est là pour nous guider, pour nous aider. C’est un chemin assuré, puisque Marie, rempart contre les hérésies, sera la gardienne de nos promesses et de notre fidélité.

Comment donc prendre ce chemin si sûr ? Pour l’emprunter, il faut se donner tout entier à la sainte Vierge Marie pour qu’elle nous donne tnotre Dameout entier à Jésus Christ : notre corps, nos sens, notre âme, nos affections, nos biens extérieurs présents et à venir, nos biens spirituels, nos mérites, nos vertus, nos bonnes œuvres, en un mot tout ce que nous avons dans l’ordre naturel et temporel et dans l’ordre spirituel, tout le passé, le présent et l’avenir, sans prétendre aucune récompense de cette offrande, de ces services, que le seul honneur d’appartenir à Jésus Christ.

Eh bien ! Direz-vous, ça fait beaucoup tout ça !

C’est une pauvreté parfaite puisqu’on donne jusqu’à nos propres mérites. Mais ce don est avantageux car il nous purifie de nos attaches et de l’amour propre qui abîme toutes nos actions. Oui, on donne tout, mais rassurez-vous, rien n’est perdu, car tout ce qu’on fait pour Marie, elle le donne aussitôt à Jésus. Marie est la parfaite médiatrice, elle ne garde rien pour elle, si on la loue elle loue Dieu aussitôt comme à la Visitation dans son Magnificat. Toutes nos actions peuvent être employées ainsi pour la plus grande gloire de Dieu. Marie purifie l’intention, et embellit nos actions de ses propres mérites. Ainsi le Divin Jésus ne peut rejeter même une maigre offrande quand elle vient de sa mère.

Notre don à Jésus devient recevable à sa Divinité car Marie  touchée de notre générosité, nous orne de ses propres vertus, nous pare pour nous offrir à Dieu ! Quelle est alors notre reconnaissance, notre confiance, notre piété envers cette très bonne maîtresse. Car finalement, quel est le plus gagnant dans cette pratique, le maître ou l’esclave ? 

Mais regardons de nouveau le bon Dieu : de toute éternité il s’est formé une mère, la plus parfaite d’entre toutes. Mais si au jour de l’Annonciation il s’abaisse, attendant le consentement de Marie pour s’incarner, au jour de la Passion, le Vendredi Saint, il nous élève en nous donnant Marie pour Mère : ‘Voici ton fils, voici ta Mère’.

Le noeud de la rencontre du maître et de l’esclave se trouve là, dans le cæur maternel de Marie. Voilà désormais l’esclave et le maître unis par des liens du sang,  mérités sur la croix.

Marie au pied de la CroixPar le sang de la Croix cet esclavage devient  un lien filial en Marie. La charité peut circuler, car l’échangeur, le transformateur est  cette bonne Mère. Nos grands désirs et notre persévérance, deviennent possibles, même si nous sommes faibles, car on confie tout à Marie. On s’appuie sur sa fidélité, sa miséricorde, elle nous conduit, nous soutient, nous entretient, nous protège, nous défend, et l’on ne se fatigue point.

Marie, rempart des illusions, nous donne une bonne connaissance et un mépris de nous-mêmes. On voit plus clairement les choses en Dieu. Notre foi devient plus pure, plus ferme, plus constante, plus agissante et perçante, tout embrasée de charité. Notre âme obtient la grâce de la belle dilection, celle d’aimer Dieu comme un Père, sans craintes ni scrupules. Notre âme devient paisible et confiante, car Marie est la gardienne de nos promesses, et de nos dons qu’elle transforme pour nous unir à Jésus.

AnnonciationNotre union intime à Jésus, et notre transformation en lui sont là tout le travail que nous demandons à la Vierge Marie épouse du Saint-Esprit. Regardons l’Annonciation : après le Fiat, le Saint-Esprit s’unit à Marie pour produire Jésus. Cette union indissoluble continue à travers les siècles sa fécondité en formant Jésus dans les âmes, car c’est par Marie que Dieu veut avoir des enfants. Tous les prédestinés ont Marie pour Mère. Marie a mis au monde la tête, Notre Seigneur Jésus-Christ, elle met au monde les membres. Marie entretient ses enfants, les nourrissant de ses vertus jusqu’à la mort où elle les enfante à la gloire. Ayant découvert les merveilles de ce chemin, nous voulons maintenant nous y engager.

 

3-  La Saint Louis Mariepremière étape est de vouloir faire l’acte de Consécration de soi-même à Jésus par Marie, telle que l’a prescrite saint Louis Marie Grignion de Monfort. Il conseille de faire au préalable une retraite de 33 jours pour se vider de l’esprit du monde, faire pénitence des infidélités aux promesses du baptême et approfondir la connaissance de Jésus et de Marie. (la FSSPX propose cette retraite mariale en 5 jours). Mais l’important est de se donner de tout son cœur selon le texte de la consécration, car il s’agit maintenant de faire vivre les promesses de notre baptême ! Pour cela cet acte devra être renouvelé tous les ans et même tous les jours, avec cette petite phrase : ‘je suis tout à vous, ô ma Mère, gardez moi comme votre bien et comme votre propriété’.

4- Pour faire vivre cette consécration et être fidèles à nos promesses saint Louis-Marie nous donne le mode d’emploi :

Aimer Marie

Faire toutes ses actions par Marie, c’est-à-dire faire toutes choses selon l’esprit de Marie, qui est l’esprit de Dieu et non selon notre esprit propre ou nos fantaisies, nos envies ou nos sentiments.

Faire toutes ses actions avec Marie, c’est dire contempler ses perfections et l’imiter en jetant un regard sur elle avant nos actions.

Faire ses actions en Marie, c’est s’unir dans la foi par la volonté, au Saint-Esprit vivant en Marie.

Faire toutes ses actions pour Marie en bon serviteur puisqu’on est tout livré à son service, entreprendre pour elle de grandes choses, défendre ses privilèges.

Se donner à Marie ne peut se faire sans une tendre dévotion envers notre bonne Mère. C’est avec constance que notre cœur nous portera à méditer ses vertus, à l’honorer, à la contempler, à la louer, à l’invoquer mais aussi, à porter son image, à réciter le Rosaire et le Magnificat, à faire des jeûnes et des aumônes, à entrer dans la Confrérie Dévotion à MarieMarie Reine des Cœurs… Notre volonté sera de lui plaire, sans empressement ni négligence, avec attention et modestie, sans distractions, toujours attentifs à son regard Cette voie Mariale, désignée par Notre Seigneur est la cause de notre véritable espérance : Le salut du monde est arrivé par Marie, et c’est par Marie que Jésus sera connu et régnera.

La médiation de Marie apparaît tout particulièrement nécessaire dans les temps que nous vivons. Nous avons tellement besoin des ses secours et de ses grâces pour nous unir et nous transformer en Jésus afin d’avoir un zèle ardent et une pure intention du salut des âmes, sans s’étonner de rien, sans s’attacher à rien, sans avoir peur de rien, pour se battre contre le péché et les ennemis de Dieu dans la pure vérité selon l’Évangile et non selon les maximes du monde. Cette consécration est un premier pas, conscient et volontaire pour  marcher vers Dieu.

 

Cette attache au Saint Esclavage loin de nous emprisonner, est le filin de survie qui nous préserve des chutChapeletes et nous tire sur le chemin du ciel. Le sanctuaire du Puy dédié à l’Annonciation depuis les premiers siècles est le lieu tout indiqué pour recevoir notre consécration. Son Jubilé, fêté le 25 mars, lorsque le Vendredi Saint coïncide avec l’Annonciation, remet à l’honneur les Mystères de notre Rédemption et nous encourage à répondre au plan de Dieu. N’hésitons pas à  découvrir et à approfondir cette voie et revenons l’année prochaine renouveler notre consécration au sanctuaire du Puy.

Article du Pélican
N°81 Octobre 2013

Pour en savoir plus, lire :
http://laportelatine.org/confreries/marierei/bibliotheque_marie_reine/le_secret_de_marie_devoile_aux_enfants.pdf

http://laportelatine.org/confreries/marierei/bibliotheque_marie_reine/catechisme_saint_esclavage_2015.pdf

http://laportelatine.org/confreries/marierei/bibliotheque_marie_reine/lettre_pastorale_mgr_garnier_sur_le_saint_esclavage_d_amour_1925.pdf

http://laportelatine.org/confreries/marierei/bibliotheque_marie_reine/lettre_pastorale_cardinal_mercier_sur_la_vraie_devotion_1924.pdf